Quelques notes

Volontaires catholiques en Palestine, ils témoignent:

Au printemps 2016, Corinne et Laurent Mérer passent trois mois dans les Territoires occupés à l’appel des églises chrétiennes de Palestine. Cet ancien amiral et son épouse ne sont pas particulièrement sensibilisés à la question israélo-palestinienne. Ils vont partager au jour le jour la vie des chrétiens et musulmans

Qu’est-ce qui vous a le plus marqués ? Choqués ? Révoltés ?

L’aveuglement, la haine…On croyait la colonisation abandonnée aux oubliettes de l’histoire, elle est en Palestine une réalité vivante et active, un cancer qui développe quotidiennement ses métastases. Les rares colons avec qui nous avons pu échanger – la plupart des autres étaient davantage dans l’invective et le crachat – sont dans une démarche messianique : « Dieu nous a donné cette terre, les Palestiniens n’ont rien à y faire, ils doivent partir, sinon nous les jetterons à la mer »

Extrait de leur livre :

…..L’histoire de Susiya, dans les collines du sud d’Hébron, a déjà fait couler beaucoup d’encre, mais les problèmes demeurent. L’ancien village a été rasé en 1986 et ses habitants expulsés au motif qu’ils ne pouvaient habiter sur un site de fouilles archéologiques. Trois familles de colons se sont pourtant installées peu après sur les lieux. Les familles palestiniennes quant à elles se sont transportées à quelques centaines de mètres sur des terres leur appartenant depuis l’époque ottomane et le nouveau village comprend aujourd’hui trois groupes de tentes ou de maisonnettes de tôles et bâches, environ 400 personnes, plus d’un millier de bêtes dans les enclos. Mais il a fait l’objet d’un ordre de démolition depuis qu’une association de colons a porté plainte devant la cour israélienne, réclamant la destruction de tous les « avant-postes palestiniens de la zone ». La plainte a été reçue. Le village a perdu plus de 60% de ses terres agricoles et de ses pâturages puisque la majeure partie se trouve en « zone tampon » décrétée par les autorités depuis l’installation de la grosse colonie agricole, zone interdite d’accès aux Palestiniens « pour raison de sécurité ». La plupart des puits du village se trouvent dans cet espace. Des miradors érigés et gardés par l’armée occupent les hauteurs avoisinantes. Lorsque je me suis approché subrepticement de la colonie au cours de la séance de pâturage, j’ai vu arriver une jeep militaire dans les minutes suivantes et j’ai dû me faufiler vers les moutons

suite dans  :

« S’ils se taisent, les pierres crieront… trois mois en Palestine au service de la Paix », par Corinne et Laurent Mérer, éd. Balland, 15 euros

Les chrétiens de Gaza

Minoritaires mais présents, les Chrétiens de Gaza représentent entre 1500 et 2000 personnes, essentiellement de rite grec orthodoxe. Christophe Oberlin est allé à leur rencontre au fil des ses séjours dans la bande de Gaza, où il mène des opérations de chirurgie réparatrice.

 L’église orthodoxe de Gaza
L’église orthodoxe de Gaza Crédits : Serge Nègre

Dans l’imaginaire occidental, Gaza évoque le « péril islamique », puisque ce minuscule territoire est administré depuis plus de dix ans par un parti à référence religieuse. Et Gaza ne peut en rien se réclamer d’une histoire flamboyante. Ne dit-on pas « qu’il ne s’y est rien passé depuis les croisades » ? C’est à peine si l’on évoque le bref passage qu’y aurait fait la Sainte-Famille.

« La Gaza chrétienne est un buisson, écrit l’auteur, dont chaque branche est issue de la diversité des idées, des schismes, des excommunications, des soubresauts politiques aussi, qui ont ponctué l’histoire du christianisme. Les chrétiens y témoignent de leur diversité à travers un arbre généalogique bien réel : la troisième dimension du christianisme, deux mille ans de réflexions sur le dogme et la pratique. »

Les Chrétiens de Gaza, ces ambassadeurs oubliés

Pourtant, Gaza peut se prévaloir d’une communauté chrétienne que personne ne connaît, dont personne ne parle, si ce n’est pour insinuer qu’elle semblerait attendre « l’exil, la conversion forcée ou la mort » au fond de caves où elle se retirerait pour prier.Voici donc les Chrétiens de Gaza, ces ambassadeurs oubliés d’un dialogue pour l’instant difficile. Leur témoignage est riche d’une expérience commune et fructueuse de quatorze siècles.

« Aux heures de fermeture de l’église il est facile de faire chercher la clé. En attendant on dévisage le bâtiment, trapu avec son campanile sobre qui supporte deux cloches. Ce qui frappe, ce sont ses murs curieux, avec, au milieu du crépi qui les recouvre en partie, et parmi des pierres apparentes, des affleurements circulaires, lisses et clairs. Comme si des rondins de bois avaient été placés ci et là transversalement dans l’épaisseur de la construction. En fait des fragments de colonnes en marbre récupérés des bâtiments grecs ou romains. On pénètre dans l’église, non sans avoir descendu une volée de douze marches. Et c’est l’éblouissement. Murs et voûtes ont été repeints récemment, mais rien n’y paraît de négatif (…) »

Intervenants

  • Chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté Denis Diderot à Paris, il enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger, chirurgien humanitaire.
  • a écouter (23 mn) en suivant le lien ci dessous :

https://www.franceculture.fr/emissions/chretiens-dorient/les-chretiens-de-gaza

            Le professeur Oberlin  sera présent le 28 mars  à  18h30 Salle des Lauriers à Nantes.

 

 

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