Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël

Signez l’appel ici

Monsieur le Président de la République,

Sous votre haut patronage, la République française s’apprête à lancer la « saison France-Israël 2018 ». Cet événement, lit-on,

« a […] pour ambition de montrer la vitalité de la relation bilatérale dans les domaines culturels et scientifiques, de marquer une nouvelle étape dans les relations économiques et de renouveler le regard que portent les Français sur Israël et les Israéliens sur la France ».

Bien plus,

« A travers plus de 400 événements dans les deux pays, la saison France-Israël 2018 résonnera dans une cinquantaine de villes en France et une vingtaine de villes en Israël autour de thèmes variés tels qu’innovation, sciences, économie, théâtre, danse, art contemporain, musique, éducation, cinéma, design, livre et débat d’idées ».

Cette inauguration aura lieu dans un contexte où le droit international dans les territoires palestiniens n’a jamais été aussi bafoué. L’extension des colonies se poursuit et l’ambassade des Etats-Unis a été transférée à Jérusalem. Que la « saison France-Israël 2018 » se déroule dans ces conditions est en soi inopportun, tant il est évident que cet événement participe d’une stratégie visant à redorer le blason d’un État dont la nature annexionniste n’est plus un secret pour personne.

Mais aujourd’hui, il serait inadmissible que cette « saison France-Israël » soit maintenue en dépit du dernier massacre de Gaza. Ce serait une atteinte irrémédiable à nos principes républicains et à nos valeurs de justice.

Citoyennes et citoyens français, nous ne pouvons accepter, dans les circonstances présentes, cette collaboration d’État à État entre la France et Israël. Nous ne pouvons nous soumettre à la normalisation avec un régime colonial bafouant les droits de l’Homme et les conventions internationales signées par la France.

Comment en effet pourrions-nous faire comme si de rien n’était ? Comme si des dizaines de jeunes gens n’avaient pas été assassinés de manière préméditée ? Comme si des centaines de manifestants demandant seulement le respect de leurs droits fondamentaux n’avaient pas été estropiés à vie ? Comme si le ghetto de Gaza ne courait pas le risque d’être purement et simplement liquidé, avec la complicité, active ou passive, de la communauté internationale ?

Pour cette raison, Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de faire en sorte que la « saison France-Israël 2018 » n’ait pas lieu. Ne nous entretenons pas d’« éducation » ou d’« idées » avec un État qui a assassiné en quelques semaines plus de 110 jeunes gens épris de liberté et en a blessé ou mutilé plus de 8000. Envoyez un signal clair au gouvernement israélien en renonçant publiquement à la « saison France-Israël 2018 ». La société civile française ne saurait voir ces manifestations se tenir sans faire entendre sa désapprobation.

Signez l’appel ici

Premiers signataires

Ahmed Abbes, directeur de recherche au CNRS, Paris
Samir Abdallah, cinéaste
Eric Alliez, professeur à l’Université Paris 8
Viviane Baladi, directrice de recherches au CNRS, Paris
Jean Barge, professeur retraité Ecole polytechnique
Arnaud Beauville, professeur émérite à l’Université Côte d’Azur
Jacques Bordé, ancien directeur de Recherche au CNRS
Larbi Bouguerra, ancien directeur de recherche associé au CNRS, ancien attaché-assistant à la Faculté de Médecine de Paris
Remi Brulin, professeur, John Jay College of Criminal Justice, New York, USA
Bernard Caillaud, ingénieur général des Ponts, professeur à Paris School of Economics, Paris
Jean-Marc Capellero-Rabinovitz, co-président de l’UJFP
Christine Charretton, mathématicienne retraitée de l’Université de Lyon 1
Yves Chilliard, directeur de recherche à l’INRA, syndicaliste et responsable associatif
Elisabeth Cramer Bordé, professeur honoraire à l’Université de Versailles-St Quentin
Laurent Cugny, professeur à Sorbonne Université
Dominique Delande, directeur de recherche au CNRS, Paris
Ivar Ekeland, ancien président de l’Université Paris-Dauphine, ancien président du Conseil Scientifique de l’École Normale Supérieure
Elisabeth Fröchen, professeure agrégée de l’université, retraitée
Jacques Fröchen, professeur agrégé de l’université, retraité
Philippe Enclos, maître de conférences en droit à l’Université de Lille
Christophe Fouqueré, professeur à l’Université Paris 13
Claire Gallien, maîtresse de conférences à l’UPVM3 et chercheuse au CNRS, Montpellier
Catherine Goldstein, directrice de recherche au CNRS, Paris
Dominique Grange, chanteuse engagée
Julien Grivaux, chercheur au CNRS, Marseille
Michel Gros, chercheur au CNRS, Rennes
Eric Guichard, maître de conférences à l’Enssib, Université de Lyon, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie
Alain Guiraudie, cinéaste
Imen Habib, animatrice de la Campagne BDS France
Eric Hazan, éditeur
Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS)
Christine Huyghe, chercheure au CNRS, Strasbourg
Stéphanie Latte Abdallah, chercheure au CNRS, Paris
Jean-Marc Lévy-Leblond, professeur émérite de l’université de Nice
Roland Lombard, directeur de recherche émérite au CNRS, Paris
Kheridine Mabrouk, cinéaste
Jean-François Méla, ancien président de l’Université Paris 13
Michel Mietton, professeur émérite Université Lyon 3, Jean Moulin
Alain Mille, professeur émérite à l’Université Lyon 1
Pierre Nicodème, chercheur honoraire au CNRS
Joseph Oesterlé, professeur émérite à Sorbonne-Université
Josiane Olff-Nathan, retraitée de l’Université de Strasbourg
Ugo Palheta, sociologue
Guy Perrier, professeur émérite à l’Université de Lorraine
Dominique Plihon, professeur émérite à l’Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité
Ghislain Poissonnier, magistrat
Marwan Rashed, professeur à Sorbonne Université
Roshdi Rashed, directeur de recherche émérite au CNRS, professeur honoraire à l’Université de Tokyo
Lionel Schwartz, professeur émérite à l’Université Paris 13
Eyal Sivan, cinéaste, professeur à Amsterdam University of Arts (AHK)
Pierre Stambul, co-président de l’UJFP
Annick Suzor-Weiner, professeure émérite à l’Université Paris-Sud
Taoufiq Tahani, universitaire, Président d’honneur de l’AFPS
Gérard Toulouse, ancien Directeur de Recherche au CNRS, Ecole Normale Supérieure
Tardi, dessinateur
Dror Warschawski, chercheur au CNRS, Paris

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« POURQUOI JE PARTICIPE À LA GRANDE MARCHE DU RETOUR À GAZA

 

 

 Fadi Abu Shammalah, New-York Times, 27 avril 2018

Tôt dans la matinée du 30 mars, mon fils Ali, âgé de 7 ans, a vu que je me préparais à sortir. C’était inhabituel pour un vendredi.
« Où vas-tu, papa? »
– « À la frontière. Participer à la Grande Marche du Retour. »
La Grande Marche du Retour est le nom donné aux 45 jours de protestation le long de la frontière
entre Gaza et Israël. Elle a commencé le 30 mars, le « jour de la terre » commémorant les massacres de six Palestiniens d’Israël qui avaient protesté contre les confiscations de terres en 1976, et se clôturera le 15 mai, jour du 70e anniversaire de la Nakba, qui commémore le déplacement massif de Palestiniens pendant la guerre de 1948 qui conduit à la création de l’État d’Israël.
« Puis-je venir avec toi? », a demandé Ali. Je lui ai dit que c’était trop dangereux. Si on en croyait les avertissements militaires israéliens, le risque que des manifestants non armés soient abattus par des tireurs d’élite israéliens était trop élevé. « Pourquoi y vas-tu si tu peux te faire tuer ? » s’empressa de demander Ali.
Sa question ne quittait pas mon esprit alors que je me rendais au campement près de la frontière à l’est de Khan Younis, la ville du sud de Gaza où je vis. Elle est restée dans mes pensées les vendredis suivants alors que je continuais à participer à la Marche, et elle y est encore présente maintenant.
Ma vie me ravit. Je suis le père de trois merveilleux enfants (Ali a deux frères, l’un de 4 ans, Karam et l’autre, Adam, vient de naître), je suis marié à une femme que je considère comme mon âme soeur.
Mes craintes ont été confirmées : 39 manifestants ont été tués depuis le début de la Marche, beaucoup par des tirs de snipers, y compris un gamin de 15 ans la semaine dernière et deux autres adolescents le 6 avril. Israël refuse de rendre les corps de deux de ces tués.
Des milliers d’autres ont été blessés. Les journalistes ont été visés ; 13 d’entre eux ont reçu des balles depuis le début des manifestations, y compris Yasser Murtaja, un photographe âgé de 30 ans et Ahmed Abu Hussein, 25 ans, qui est décédé mercredi des suites de ses blessures.
Alors pourquoi suis-je prêt à risquer ma vie en rejoignant la Grande Marche du Retour ?
Il y a plusieurs réponses à la question d’Ali. Je crois foncièrement à la stratégie de la Marche, mouvement de masse pacifique, conduit par des civils. J’ai aussi été impressionné par la façon dont le mouvement a uni le peuple palestinien de la Bande de Gaza, politiquement divisé. Et la Marche est un moyen efficace de mettre en évidence les conditions de vie insupportables auxquelles sont confrontés les habitants de la Bande de Gaza : quatre heures d’électricité par jour, l’indignité de voir notre économie et nos frontières soumises à un siège, la peur du bombardement de nos maisons.
Mais la raison principale pour laquelle je participe est que, dans quelques années, je veux pouvoir regarder Ali, Karam et Adam dans les yeux et leur dire : «Votre père faisait partie de cette lutte historique et non-violente pour notre patrie. »
Les médias occidentaux ont couvert la Grande Marche du retour en se focalisant sur les images de jeunes jetant des pierres et brûlant des pneus. L’armée israélienne décrit l’action comme une provocation violente du Hamas, une affirmation à laquelle de nombreux analystes ont aveuglément adhéré. Ces descriptions sont en totale contradiction avec mon expérience du terrain.
Des membres de l’Union générale des centres culturels de Gaza, organisation non gouvernementale dont je suis le directeur exécutif, ont participé aux réunions de préparation de la Marche, qui comprenaient des représentants de toutes les composantes de la société civile et politique de Gaza. A la frontière, je n’ai pas vu un seul drapeau du Hamas, une seule bannière du Fatah, ni d’affiche du Front populaire de libération de la Palestine, d’ailleurs – attirail répandu dans pratiquement toutes les autres manifestations auxquelles j’ai assisté. Ici, nous n’avons déployé qu’un drapeau – le drapeau palestinien.
Certes, les membres du Hamas participent à la Marche, car ils font partie de la communauté palestinienne. Mais cette participation indique peut-être qu’ils pourraient s’éloigner d’une
conception de la libération de la Palestine par des moyens militaires et qu’ils commenceraient à opter pour la protestation civile populaire et non armée. Mais la Grande Marche du Retour n’est pas l’action du Hamas. C’est la nôtre.
Et notre action est loin de se résumer à des pneus brûlés ou à des jeunes jetant des pierres sur des soldats stationnés à des centaines de mètres de là. La résistance dans les campements a été créative et belle. J’ai dansé le dabke, la danse nationale palestinienne, avec d’autres jeunes hommes. J’ai dégusté des spécialités culinaires traditionnelles, comme le msakhan (poulet rôti aux oignons, au sumac et aux pignons de pin) et le maftool (un plat à base de couscous). J’ai chanté des chants traditionnels avec d’autres manifestants et je me suis assis avec les anciens qui échangeaient des anecdotes sur la vie d’avant 1948 dans leurs villages natals. Certains vendredis, des cerfs-volants ont sillonné le ciel et d’autres vendredis, des drapeaux ont été hissés sur des perches de 25 mètres de haut pour être clairement visibles de l’autre côté de la frontière.
Tout cela se déroulait sous les lunettes de visée des fusils des tireurs d’élite israéliens stationnés à environ 700 mètres. Nous étions tendus, nous avions peur – en effet, il m’est arrivé de me trouver à proximité de personnes qui se faisaient tirer dessus et au milieu des nuages de gaz lacrymogènes – mais nous étions joyeux. Le chant, la danse, les récits, les drapeaux, les cerfs-volants et l’art culinaire sont plus que des symboles de notre patrimoine culturel.
Ils démontrent – clairement, résolument, passionnément et pacifiquement – que nous existons, que nous demeurerons, que nous sommes des êtres humains avec la dignité due aux êtres humains, et que nous avons le droit au retour dans nos foyers. J’ai envie de dormir sous les oliviers de Bayt Daras, mon village natal (ville palestinienne située à 30 kilomètres au nord-est de Gaza qui a été vidée de ses habitants en 1948 – ndt). Je veux montrer à Ali, Karam et Adam la mosquée dans laquelle mon grand-père a prié. Je veux vivre paisiblement dans ma maison familiale avec tous mes voisins, qu’ils soient musulmans, chrétiens, juifs ou athées.
Les habitants de Gaza ont subi une tragédie après l’autre : des vagues de déplacements massifs, la vie dans des camps de réfugiés sordides, une économie piratée, un accès restreint aux zones de pêche, un siège asphyxiant et trois guerres au cours de ces neuf dernières années. Israël a imaginé qu’une fois la génération qui a connu la Nakba disparue, les jeunes renonceraient à notre rêve de retour. Je crois que c’est en partie pour cela qu’Israël maintient Gaza au bord de la catastrophe humanitaire – nos vies réduites à une lutte quotidienne pour la nourriture, l’eau, les médicaments et l’électricité, nous ne serions plus en état de nous soucier de plus nobles aspirations. La Marche prouve que ma génération n’a pas l’intention d’abandonner les rêves de son peuple.
La Grande Marche du retour a galvanisé mon optimisme, mais je reste réaliste. La Marche, seule, ne mettra pas fin au siège et à l’occupation, ne résorbera pas l’énorme déséquilibre des forces entre Israël et les Palestiniens ni ne réparera les torts historiques. L’engagement se poursuit jusqu’à ce que tous les êtres humains dans la région puissent partager les mêmes droits. Mais je ne pouvais pas être plus impressionné par mon peuple ou être fier de lui – nous voir unis sous un même drapeau, avec une approbation quasi unanime des moyens pacifiques pour réclamer nos droits et affirmer notre humanité.
Tous les vendredis, jusqu’au 15 mai, je continuerai à aller aux campements pour envoyer un message à la communauté internationale décrivant les conditions désastreuses dans lesquelles je suis obligé d’élever mes fils. J’irai, jusqu’à ce que je puisse apercevoir nos terres – nos arbres – de l’autre côté de la frontière militaire alors que les soldats israéliens me surveillent derrière leurs armes.
Si Ali me demande pourquoi je retourne à la Grande Marche du Retour malgré le danger, je lui dirai ceci : J’aime la vie. Mais plus que ça, je t’aime, toi, Karam et Adam. Si risquer ma vie signifie que toi et tes frères aurez une chance de grandir, d’avoir un avenir digne, de vivre en paix avec vos voisins, dans un pays libre, alors c’est un risque que je dois prendre.

Fadi Abu Shammalah est le directeur exécutif de l’Union générale des centres culturels de Gaza.
KHAN YOUNIS, Bande de Gaza

 

 

Le 14 mai 2015 à Bethléem.

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Gaza. « Cela s’appelle un massacre

Le 2 avril 2018 – Par Gideon Levy

Le compteur de la mort s’égrenait dramatiquement. Une mort toutes les 30 minutes. Encore une fois. Un autre. Un de plus. Israël était occupé à préparer la nuit du Seder [Pâque juive]. Les chaînes de télévision ont continué à diffuser leurs bêtises.
« Les affrontements à la frontière de Gaza reprennent alors que des milliers de personnes assistent aux funérailles de 15 Palestiniens tués lors des manifestations de vendredi. » « Des images de Gaza montrent un manifestant tué dans le dos alors qu’il fuyait le mur de la frontière israélienne. »
Il n’est pas difficile d’imaginer ce qui se serait passé si un colon avait été poignardé – les reporters sur place ; les studios ce TV en pleine activité. Mais à Gaza, les Forces de défense israéliennes (IDF) ont continué à massacrer impitoyablement, à un rythme effrayant, alors qu’Israël célébrait Passover.
S’il y avait un problème, c’était parce que les soldats ne pouvaient pas célébrer le Seder. A la tombée de la nuit, le nombre de cadavres avait atteint au moins 15, tous sous l’effet de balles réelles, avec plus de 750 blessés. Des chars et des tireurs d’élite contre des civils non armés. Ça s’appelle un massacre. Il n’y a pas d’autre mot pour ça [1].
Le porte-parole de l’armée a apporté une note comique lorsqu’il a annoncé dans la soirée : « Une attaque par balles a été déjouée. Deux terroristes se sont approchés de la clôture et ont tiré sur nos soldats. » Cela est arrivé après la 12e victime palestinienne et qui sait combien de blessés.
Les tireurs d’élite ont tiré sur des centaines de civils, mais deux Palestiniens qui ont osé riposter contre les soldats qui les massacrent sont des « terroristes », leurs actions qualifiées d’« attaques terroristes » et la sentence : la mort. Le manque de conscience de soi n’a jamais atteint de telles profondeurs dans les IDF.
Comme d’habitude, les médias ont apporté leur épouvantable soutien. Après 15 morts, Or Heller sur Channel 10 News a déclaré que l’incident le plus grave de la journée avait été le tir des deux Palestiniens. Dan Margalit [journaliste de « relief »] a « salué » l’armée.
Israël a subi un nouveau lavage de cerveau et s’est assis pour un repas festif [repas de Seder] dans un esprit d’autosatisfaction. Et puis les gens récitaient « Répands Ta fureur sur les nations qui ne Te connaissent pas », impressionnés par la propagation des plaies et s’enthousiasmant pour la mort des premiers-nés (la 10e plaie d’Egypte « …tous les premiers-nés moururent dans le pays d’Egypte », Exode).
Le Vendredi saint chrétien et la nuit du Seder juif sont devenus un jour de sang pour les Palestiniens de Gaza. On ne peut même pas parler de crime de guerre parce qu’il n’y a pas eu de guerre là-bas.
Le test par lequel les IDF et l’indifférence pathologique de l’opinion publique devraient être jugés est le suivant : que se passerait-il si des manifestants juifs israéliens, ultraorthodoxes ou autres, menaçaient d’envahir la Knesset ? Des tirs aussi insensés à balles réelles depuis des chars ou par des tireurs d’élite seraient-ils compris par le public ? L’assassinat de 15 manifestants juifs passerait-il sous silence ? Et si plusieurs dizaines de Palestiniens parvenaient à
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Gaza. « Cela s’appelle un massacre »
entrer en Israël, cela justifierait-il un massacre ?
L’assassinat de Palestiniens est accepté en Israël plus légèrement que l’assassinat de moustiques. Il n’y a rien de moins cher en Israël que le sang palestinien. S’il y avait cent ou même mille morts, Israël « saluerait » encore les IFD. C’est l’armée dont le commandant, le bon et modéré Gadi Eisenkot, est reçu avec une telle fierté par les Israéliens. Bien sûr, dans les entretiens avec les médias au moment des Fêtes, personne ne lui a posé de questions sur le massacre prévu et personne ne lui posera la question maintenant non plus.
Mais une armée qui s’enorgueillit d’avoir tiré sur un agriculteur travaillant sur sa terre, en montrant la vidéo sur son site Web afin d’intimider les Gazaouis ; une armée qui dresse des chars d’assaut contre des civils et se vante d’une centaine de tireurs d’élite qui attendent les manifestants, une telle armée a perdu toute décence. Comme s’il n’y avait pas d’autres mesures. Comme si les IDF avaient l’autorité ou le droit d’empêcher les manifestations à Gaza, menaçant les chauffeurs de bus de ne pas transporter les manifestants sur un territoire où l’occupation a pris fin depuis longtemps, comme tout le monde le sait.
Des jeunes hommes désespérés se faufilent depuis Gaza, armés d’armes ridicules, marchant sur des dizaines de kilomètres sans blesser personne, n’attendant que d’être pris pour échapper à la pauvreté de Gaza dans une prison israélienne. Cela ne touche la conscience de personne non plus. L’essentiel est que les IDF présentent fièrement leurs prises. Le président palestinien Mahmous Abbas est responsable de la situation à Gaza. Et le Hamas, bien sûr. Et l’Egypte. Et le monde arabe et le monde entier. Mais pas Israël. Il a quitté Gaza et les soldats israéliens ne commettent jamais de massacres !
Les noms ont été publiés le soir. Un homme se levait de ses prières, un autre a été abattu alors qu’il s’enfuyait. Les noms ne vont ébranler personne. Mohammed al-Najar, Omar Abu Samur, Ahmed Odeh, Sari Odeh, Bader al-Sabag. Cet espace est trop petit, à notre grande horreur, pour énumérer tous leurs noms.
(Article publié dans le quotidien Haaretz, en date du 1er avril 2018 ; sous la rubrique Opinion ; traduction A l’Encontre )
[1] « La presse israélienne et surtout internationale utilise couramment la phrase « Palestiniens morts dans des clashes (ou dans des
confrontations) », mais on peine pourtant à trouver des exemples d’incidents de ce type le 30 mars : les deux parties n’ont jamais été en contact
direct. On notera aussi que pas une seule roquette n’a été tirée ce vendredi noir. L’armée israélienne, le lendemain des faits à 13 heures, a tweeté ceci : « Hier, nous avons vu 30’000 personnes ; nous étions préparés avec des
renforts dosés. Rien n’a été fait de manière incontrôlée ; tout fut précis et mesuré, et nous savons où chaque balle est allée. » Bizarrement,
quelques minutes à peine après l’émission de ce tweet, il était retiré. Un doute était-il né sur sa pertinence, voire sur ses conséquences juridiques
potentielles ? » (Baudoin Loss, dans le quotidien Le Soir, daté du 3 avril 2018)

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Une Israélienne et une Palestinienne giflent un soldat. Devinez qui est toujours en prison ?

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Notre conception des échanges associatifs dans les relations internationales

Notre objectif est de susciter un large échange culturel propre à développer compréhension, amitié et tolérance entre tous les peuples bordant la Méditerranée.
Nous tenons à pérenniser les échanges durablement dans la réciprocité.
Il est important de mettre tout en œuvre pour partager nos savoir-faire.
Ce sont des outils indispensables dans la promotion de la citoyenneté et de notre formation sur le terrain.

Nos solidarités ont pour priorité le lien social et culturel.
Nous nous sommes engagés à développer les rencontres entre jeunes, associations féminines, retraités en Palestine et à Agadir en ayant pour but de construire et de renforcer ensemble les liens d’amitiés.
C’est dans la stabilité des relations que se forge un véritable dialogue entre le 2 rives de la Méditerranée et qui favorise un vrai partenariat permettant la disparition des malentendus et d’extirper la peur de l’autre.

Notre rôle de bénévole est de casser cette peur en créant des passerelles d’échanges afin d’instaurer un climat de confiance et de coopération.

Photo de la réception avec le Maire de Bethléhem

Réception avec le Maire de Bethléhem
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

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Six principes pour une expression libre et démocratique sur la question israélo-palestinienne

Le 12 février se tenait à Paris un colloque sur « a-t-on le droit de contester la politique israélienne ? » à l’initiative de l’AFPS avec de multiples partenaires.

A été adopté un texte ci-joint  qui reçu de nombreuses signatures dont : Maurice Butin, JP Chagnollaud, Claude Leostic, Sandrine Mansour….. et beaucoup d’autres

lundi 12 février 2018
pourquoi les six principes ?
Alors que la question israélo-palestinienne reste centrale pour l’avenir de la paix au Moyen-Orient et suscite un écho légitime dans la population en France, la liberté de débattre démocratiquement de la situation reste mise à mal par de multiples pressions, amalgames, tentatives d’intimidation, et dans certains cas par des pressions organisées par l’État d’Israël lui-même (comme la publication d’une liste d’organisations « indésirables »). La sortie de deux livres sur ce sujet au cours du seul mois de janvier témoigne de l’actualité de la question. C’est dans ce contexte que nous, intellectuels, militants associatifs, élus… lançons,l’initiative : « Six principes pour une expression libre et démocratique sur la question israélo-palestinienne [spip.php?article2] ». Cette initiative n’est pas portée par une organisation, mais par ses premiers signataires eux-mêmes. Elle a été lancée par ses premiers signataires le 12 février en conclusion du colloque organisé le 12 février au Palais du Luxembourg, sur le thème « Israël-Palestine : a-t-on le droit de contester la politique israélienne ». Après son lancement, le texte est ouvert publiquement, à la signature d’autres personnalités et à l’ensemble de nos concitoyens.

Six principes pour une expression libre et démocratique sur la question israélo-palestinienne Pour les acteurs du débat public, médiatique et politique en France

Pourquoi cette initiative ?

Les six principes

1. Le droit de s’exprimer Nous affirmons, pour nous-mêmes et nos concitoyens, le droit de nous exprimer sur la question israélo-palestinienne en France, et récusons d’avance toute pression, amalgame, intimidation qui chercherait à nous en empêcher.

2. La condamnation du racisme sous toutes ses formes Dans ce débat comme dans tous les autres, nous condamnons les discours stigmatisant des personnes ou groupes de personnes sur la base d’une origine ou d’une religion : cela vaut pour l’antisémitisme, le racisme anti-arabe, la judéophobie ou l’islamophobie.

3. Le refus des amalgames Les analyses et points de vue que nous exprimons sur la politique de l’Etat d’Israël, sur les idéologies qui l’accompagnent et sur les enjeux qui en dépendent, font partie du libre débat démocratique. L’assimilation de certains de ces points de vue à des formes d’antisémitisme est un amalgame dangereux, diffamant, qui mine les fondements de la lutte contre l’antisémitisme et les autres formes de racisme en France. Il est de la responsabilité de tout acteur du débat public, médiatique ou politique de ne pas reproduire, promouvoir ou diffuser des amalgames et de la confusion dans ces domaines, au risque de désinformer l’opinion et d’attiser la peur, la haine et la violence.

4. La résistance aux pressions et aux intimidations Aucune personne, ni aucun groupe public, n’est légitime pour s’opposer à la liberté d’expression, ou la délégitimer, en revendiquant des intérêts communautaires. Il en est de même des pressions qui pourraient être menées par des Etats tiers dans le débat français. Les limites à la liberté d’expression sont définies par la loi et encadrées par l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme qui protège cette liberté.

5. La défense des moyens pacifiques d’agir Nous pouvons avoir des avis différents sur la pertinence de l’appel au boycott citoyen, au désinvestissement des entreprises ou aux sanctions mises en œuvre par les États, et cela fait partie du libre débat démocratique. Mais nous nous rejoignons pour estimer que le droit d’appeler à ces moyens d’action doit être protégé, en tant que composante de la liberté d’expression et en tant que moyens pacifiques d’agir vis-à-vis de la politique d’un État.

6. Le développement d’un débat libre et démocratique C’est sur ces bases que nous souhaitons que le débat sur la question israélo-palestinienne se développe en France. Dans une vigilance absolue vis-à-vis de toute dérive à caractère raciste. Un débat que nous souhaitons voir se libérer des réflexes communautaires. Un débat qui pourra être vigoureux, comme tout débat démocratique sur une question importante, mais qui devra être exempt de toute pression, intimidation, amalgame ou attaque personnelle. En tant que signataires de ces principes, nous y veillerons.

 

Premiers signataires : Verveine ANGELI (Porte-parole de Solidaires), Gérard ASCHIERI (Syndicaliste), Jean-Christophe ATTIAS (Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études – Sorbonne), Clémentine AUTAIN (Députée de la Seine-Saint-Denis), Bertrand BADIE (Professeur des universités à Sciences po Paris), Pierre BARBANCEY (Grand reporter), Esther BENBASSA (Sénatrice EELV de Paris, professeur d’université), Pascal BONIFACE (Géopolitologue), Rony BRAUMAN (Médecin, professeur et essayiste), Michel BROUÉ (Mathématicien, université Paris Diderot), François BURGAT (Politiste), Me Maurice BUTTIN (Président du  » Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orident » – CVPR-PO), Pierre CARTIER (directeur de recherche émérite au CNRS, IHES, Bures-surYvette), Monique CERISIER BEN-GUIGA (Sénatrice honoraire), Jean-Paul CHAGNOLLAUD (Professeur émérite des Universités), Eric COQUEREL (Député de la Seine-Saint-Denis), Nathalie COSTE (Enseignante), Sylvain CYPEL (Journaliste), Sonia DAYAN-HERZBRUN (Historienne et philosophe), Géraud DE LA PRADELLE (pProfesseur de droit émérite – Université Paris-Nanterre), Nicolas DOT-POUILLARD (Chercheur en sciences politiques), Jean-Michel DREVON (Secrétaire général de l’institut de recherche de la FSU), Pascal DURAND (Député européen), Ivar EKELAND (Ancien président de l’Université Paris Dauphine), Xavier EMMANUELLI (Président-fondateur du SAMU social international), Jean-Baptiste EYRAUD (Droit au Logement), Patrick FARBIAZ (Sortir du colonialisme), Olivier GEBUHRER (Maître de conférences honoraire en mathématiques), Christian GERIN (Producteur TV), François GÈZE (Éditeur), Jérôme GLEIZES (Universitaire et conseiller de Paris), Alain GRESH (Journaliste), Serge GROSSVAK (Cofondateur de l’Union des Juifs@Re.nouveau), Bertrand HEILBRONN (Président de l’Association France Palestine Solidarité), Christiane HESSEL (), Pierre KHALFA (Membre de la fondation Copernic), Camille LAINÉ (Secrétaire générale du Mouvement des Jeunes Communistes (MJCF)), Lilâ LE BAS (Présidente de l’Union Nationale des Étudiants de France (UNEF)), Olivier LE COUR GRANDMAISON (Universitaire), Patrick LE HYARIC (Directeur de L’Humanité, député européen, membre de la délégation du Parlement européen pour les relations avec la Palestine), Renée LE MIGNOT (Coprésidente du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples – MRAP), Pascal LEDERER (Co-animateur de Une Autre Voix Juive), Jean-Claude LEFORT (Député honoraire), Claude LÉOSTIC (Présidente de la Plateforme française des ONG pour la Palestine), Jean-Marc LÉVY -LEBLOND (Professeur émérite de l’université de Nice), Gilles MANCERON (Historien, collectif « Trop c’est trop »), Sandrine MANSOUR (Historienne), Edouard MARTIN (Député européen), Perrine OLFF-RASTEGAR (Porte-parole du Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine CJACP), Raphaëlle PRIMET (Conseillère de Paris), Bernard RAVENEL (Historien), Gilbert ROGER (Président du groupe d’amitié France-Palestine du Sénat), Frédérique ROLET (Secrétaire générale et porte-parole du SNES-FSU), Shlomo SAND (Historien, professeur émérite a l’université de Tel Aviv), Francois SAUTEREY (Syndicaliste enseignant Snes-Fsu), Danièle SIMONNET (Conseillère de Paris), Pierre STAMBUL (CoPrésident de l’Union Juive Française pour la Paix), Dominique VIDAL (Journaliste et historien), Louis WEBER (Syndicaliste, éditeur), Francis WURTZ (Député européen honoraire)

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Quelques notes

Volontaires catholiques en Palestine, ils témoignent:

Au printemps 2016, Corinne et Laurent Mérer passent trois mois dans les Territoires occupés à l’appel des églises chrétiennes de Palestine. Cet ancien amiral et son épouse ne sont pas particulièrement sensibilisés à la question israélo-palestinienne. Ils vont partager au jour le jour la vie des chrétiens et musulmans

Qu’est-ce qui vous a le plus marqués ? Choqués ? Révoltés ?

L’aveuglement, la haine…On croyait la colonisation abandonnée aux oubliettes de l’histoire, elle est en Palestine une réalité vivante et active, un cancer qui développe quotidiennement ses métastases. Les rares colons avec qui nous avons pu échanger – la plupart des autres étaient davantage dans l’invective et le crachat – sont dans une démarche messianique : « Dieu nous a donné cette terre, les Palestiniens n’ont rien à y faire, ils doivent partir, sinon nous les jetterons à la mer »

Extrait de leur livre :

…..L’histoire de Susiya, dans les collines du sud d’Hébron, a déjà fait couler beaucoup d’encre, mais les problèmes demeurent. L’ancien village a été rasé en 1986 et ses habitants expulsés au motif qu’ils ne pouvaient habiter sur un site de fouilles archéologiques. Trois familles de colons se sont pourtant installées peu après sur les lieux. Les familles palestiniennes quant à elles se sont transportées à quelques centaines de mètres sur des terres leur appartenant depuis l’époque ottomane et le nouveau village comprend aujourd’hui trois groupes de tentes ou de maisonnettes de tôles et bâches, environ 400 personnes, plus d’un millier de bêtes dans les enclos. Mais il a fait l’objet d’un ordre de démolition depuis qu’une association de colons a porté plainte devant la cour israélienne, réclamant la destruction de tous les « avant-postes palestiniens de la zone ». La plainte a été reçue. Le village a perdu plus de 60% de ses terres agricoles et de ses pâturages puisque la majeure partie se trouve en « zone tampon » décrétée par les autorités depuis l’installation de la grosse colonie agricole, zone interdite d’accès aux Palestiniens « pour raison de sécurité ». La plupart des puits du village se trouvent dans cet espace. Des miradors érigés et gardés par l’armée occupent les hauteurs avoisinantes. Lorsque je me suis approché subrepticement de la colonie au cours de la séance de pâturage, j’ai vu arriver une jeep militaire dans les minutes suivantes et j’ai dû me faufiler vers les moutons

suite dans  :

« S’ils se taisent, les pierres crieront… trois mois en Palestine au service de la Paix », par Corinne et Laurent Mérer, éd. Balland, 15 euros

Les chrétiens de Gaza

Minoritaires mais présents, les Chrétiens de Gaza représentent entre 1500 et 2000 personnes, essentiellement de rite grec orthodoxe. Christophe Oberlin est allé à leur rencontre au fil des ses séjours dans la bande de Gaza, où il mène des opérations de chirurgie réparatrice.

 L’église orthodoxe de Gaza
L’église orthodoxe de Gaza Crédits : Serge Nègre

Dans l’imaginaire occidental, Gaza évoque le « péril islamique », puisque ce minuscule territoire est administré depuis plus de dix ans par un parti à référence religieuse. Et Gaza ne peut en rien se réclamer d’une histoire flamboyante. Ne dit-on pas « qu’il ne s’y est rien passé depuis les croisades » ? C’est à peine si l’on évoque le bref passage qu’y aurait fait la Sainte-Famille.

« La Gaza chrétienne est un buisson, écrit l’auteur, dont chaque branche est issue de la diversité des idées, des schismes, des excommunications, des soubresauts politiques aussi, qui ont ponctué l’histoire du christianisme. Les chrétiens y témoignent de leur diversité à travers un arbre généalogique bien réel : la troisième dimension du christianisme, deux mille ans de réflexions sur le dogme et la pratique. »

Les Chrétiens de Gaza, ces ambassadeurs oubliés

Pourtant, Gaza peut se prévaloir d’une communauté chrétienne que personne ne connaît, dont personne ne parle, si ce n’est pour insinuer qu’elle semblerait attendre « l’exil, la conversion forcée ou la mort » au fond de caves où elle se retirerait pour prier.Voici donc les Chrétiens de Gaza, ces ambassadeurs oubliés d’un dialogue pour l’instant difficile. Leur témoignage est riche d’une expérience commune et fructueuse de quatorze siècles.

« Aux heures de fermeture de l’église il est facile de faire chercher la clé. En attendant on dévisage le bâtiment, trapu avec son campanile sobre qui supporte deux cloches. Ce qui frappe, ce sont ses murs curieux, avec, au milieu du crépi qui les recouvre en partie, et parmi des pierres apparentes, des affleurements circulaires, lisses et clairs. Comme si des rondins de bois avaient été placés ci et là transversalement dans l’épaisseur de la construction. En fait des fragments de colonnes en marbre récupérés des bâtiments grecs ou romains. On pénètre dans l’église, non sans avoir descendu une volée de douze marches. Et c’est l’éblouissement. Murs et voûtes ont été repeints récemment, mais rien n’y paraît de négatif (…) »

Intervenants

  • Chirurgien des hôpitaux et professeur à la faculté Denis Diderot à Paris, il enseigne l’anatomie, la chirurgie de la main et la microchirurgie en France et à l’étranger, chirurgien humanitaire.
  • a écouter (23 mn) en suivant le lien ci dessous :

https://www.franceculture.fr/emissions/chretiens-dorient/les-chretiens-de-gaza

            Le professeur Oberlin  sera présent le 28 mars  à  18h30 Salle des Lauriers à Nantes.

 

 

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Quel culot ! Pourquoi la gifle d’Ahed Tamimi rend les Israéliens furieux

Mardi dernier, les Forces de défense d’Israël ont abattu Hamed al-Masri, 15 ans, d’une balle dans la tête, blessant grièvement l’adolescent de Salfit qui, par ailleurs, ne portait pas d’arme. Vendredi, les militaires ont fait de même avec Mohammed Tamimi, de Nabi Saleh, sans arme lui aussi, le blessant tout aussi grièvement à la tête. Vendredi encore, les militaires ont tué – toujours d’une balle dans la tête – Ibrahim Abou Thuraya, amputé des deux jambes. Et, le même jour, Ahed Tamimi était dans la cour de sa maison avec une amie et a giflé un homme des FDI qui avait fait irruption chez elle.

Du coup, Israël est sorti furieux de sa torpeur : mais comment ose-t-elle ? Les trois victimes de cette fusillade barbare n’intéressent pas les Israéliens et les médias ne prennent même pas la peine d’en parler. Mais la gifle – et le coup de pied – d’Ahed Tamimi ont déclenché une colère furieuse. Comment peut-on oser gifler un soldat des FDI ? Un soldat dont les amis giflent, tabassent, kidnappent et – bien sûr – abattent presque quotidiennement des Palestiniens ?

Vraiment, elle a tous les toupets, la Tamimi. Elle a violé les règles. Gifler n’est permis que de la part des soldats. C’est elle, la véritable provocation, et non pas le soldat qui a fait irruption dans sa maison. Elle, qui a eu trois proches parents tués par l’occupation, elle dont les parents ont été arrêtés d’innombrables fois et dont le père a été condamné à quatre mois de prison pour avoir participé à une manifestation à l’entrée d’une épicerie – et c’est elle qui a osé résister à un soldat ! Voilà le culot des Palestiniens. Tamimi était censée tomber amoureuse du soldat qui avait forcé la porte de sa maison et, ingrate qu’elle a été, elle l’a récompensé d’une gifle. Tout cela, à cause de« l’incitation à la violence ». Sans quoi, elle n’aurait certainement pas manifesté cette haine à l’égard de son conquérant.

Mais cette pulsion de revanche à l’égard de Tamimi a d’autres sources (Le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett a déclaré : « Elle devrait finir ses jours en prison. »). La fille de Nabi Saleh a fait éclater plusieurs mythes chers aux Israéliens. Le pire de tout, elle a osé détériorer le mythe israélien de la masculinité. Brusquement, il se fait que le soldat héroïque, qui veille sur nous jour et nuit avec audace et courage, se fait vilainement contrer par une fille aux mains nues. Que va-t-il advenir de notre machisme, si Hamimi le met en pièces si facilement, et de notre testostérone ?

Tout d’un coup, les Israéliens ont vu l’ennemi cruel et dangereux auquel ils sont confrontés : une gamine bouclée de 16 ans. Toute la diabolisation et la déshumanisation des médias flagorneurs ont volé en éclats d’un seul coup en étant brusquement confrontées à une gamine vêtue d’un sweater bleu.

Les Israéliens ont perdu la tête. Ce n’est pas ce qu’on leur a raconté. Ils sont habitués à entendre parler de terroristes et de terrorisme et de comportement criminel. Il est difficile d’accuser Ahed Tamimi de tout cela ; elle n’avait même pas de ciseaux en main. Où est la cruauté des Palestiniens ? Où est le danger ? Où est le mal ? On en perdrait la tête. Brusquement, toutes les cartes ont été rebattues : Pendant un rare instant, l’ennemi avait l’air si humain. Bien sûr, on peut compter sur la machine israélienne de propagande et de lavage de cerveau, si efficace, pour assassiner sans attendre le personnage de Tamimi. Elle aussi se verra coller l’étiquette de terroriste née pour tuer ; on dira alors qu’elle n’avait pas de motifs justifiables et qu’il n’y a pas de contexte pour expliquer son comportement.

Ahed Tamimi est une héroïne, une héroïne palestinienne. Elle est parvenue à rendre dingues les Israéliens. Que diront les correspondants militaires, les incitateurs de droite et les experts de la sécurité ? Quelle est l’efficience de 8200, Oketz, Duvdevan, Kfir et toutes ces autres unités spéciales si, à la fin de la journée, les FDI sont confrontées à une population civile désemparée, fatiguée de l’occupation et incarnée par une jeune fille portant un keffieh sur l’épaule ?

Si seulement il y en avait bien davantage comme elle ! Peut-être des filles comme elle seraient-elles en mesure de secouer les Israéliens. Peut-être l’intifada des gifles réussira-t-elle là où toutes les autres méthodes de résistance, violente ou non violente, ont échoué.

Dans l’intervalle, Israël a réagi de la seule façon qu’il connaît : un enlèvement nocturne de son domicile et son arrestation ainsi que celle de sa mère. Mais, dans le fond de son cœur, tout Israélien décent sait sans doute non seulement qui a raison ou qui n’a pas raison, mais aussi qui est fort et qui est faible. Le soldat armé de pied en cap qui fait irruption dans une maison qui ne lui appartient pas, ou la gamine sans armes qui défend sa maison et son honneur perdu à mains nues, par une gifle ?

Gideon Levy جدعون ليفي גדעון לוי 

Traduit par  Jean-Marie Flémal

Source : https://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.830229

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Bonne année 2018 de Gaza la vie

 

Bonjour de Gaza, Gaza les difficultés, Gaza la souffrance, Gaza sous blocus, Gaza la prison à ciel ouvre, mais Gaza la vie.

Je vous souhaite une excellente et heureuse année 2018

Je vous présente mes meilleurs vœux pour ce nouvel an.

Que cette année vous apporte bonheur et prospérité , joie, paix et amour.

Je vous souhaite une année prometteuse et positive pleine d’énergie. Puisse cette nouvelle année, réaliser tous vos projets et tous vos souhaits.

Que cette nouvelle année soit une année de liberté et de justice pour le peuple palestinien et tous les peuples opprimés.

Que l’année 2018 soit l’année de la levée du blocus israélien inhumain sur Gaza.

Souhaitons que la Palestine connaisse des jours meilleurs.

Que l’année 2018 soit l’année de la paix en Palestine et partout dans le monde. Une paix durable qui passera avant tout par la justice.

Une invitation à poursuivre nos actions dans un mouvement d’amitié, de tolérance, de respect, d’ouverture et de solidarité.

Et rêvons ensemble d’un monde où fleurissent nos valeurs humaines

Pour la paix universelle.

La lutte continue!

La justice finira par triompher.

 

Amitiés et fraternité de Gaza la dignité, Gaza l’avenir et Gaza l’espoir.

Vive l’amitié, vive la solidarité, vive la tolérance, vive la paix et vive la justice.

Amour de la vie, amour de la paix.

La foi qui nous guide, c’est l’espérance

C’est un espoir vivant,

Un espoir poétique,

Un espoir épanoui.

Ziad Medoukh

Ecoutez les vœux de Ziad Medoukh en direct de Gaza :

https://www.youtube.com/watch?v=8IYy7g5yxko&spfreload=10

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APERCU DES MANIFESTATIONS POUR LES 30 ANS DE PLGJ

 

Fondée par Jean Claude VALOMET

l’association Pays de Loire/Gaza/Jérusalem célèbre en 2017 ses trente ans de solidarités envers la Palestine avec un regard sur la ville d’Agadir au Maroc.

L’année a commencé par le déplacement en mars d’une délégation de l’association notamment à Jérusalem-Est, Bethléem mais aussi à Jéricho, Hébron, Jaffa (cf blog paysdeloiregazajerusalem) et elle s’est poursuivie à Nantes, Rezé et Saint Herblain du 12 au 18 octobre.

Voici un bref aperçu de ses journées qui ont touché quelque 500 personnes.

 

Lancement le 12 octobre à la Mairie de Saint Herblain

Soirée d’inauguration avec le Maire de Saint Herblain, Bertrand Affillé, et deux représentants de l’Ambassade de Palestine en France, M. Nasser Jadallah, premier conseiller, et M. Qais Kasabri, premier secrétaire ainsi que, venus de Jérusalem-Est, Abdelsalam Aburmeileh, sous-directeur du Collège/Lycée Ibrahimieh accompagné d’un professeur et 6 élèves.

Après l’accueil par Bertrand Affilé qui a rappelé l’attachement de la ville de Saint Herblain à la Palestine et en particulier à Bethléem, Jean Claude VALOMET a souligné les trente ans de solidarités avec la Palestine et Nasser Jadallah a centré ses propos sur les conditions de vie difficiles des Palestiniens face à la colonisation israélienne et il a conclu en disant « nous espérons voir le bout du tunnel avec vous ! ».

C’est ensuite dans la salle des mariages que les élèves du Lycée Ibrahimieh nous ont montré la richesse de la culture palestinienne par de la musique, des chants et des danses.

Le 13 octobre au centre Delgrès à Nantes

Vernissage d’œuvres d’artistes palestinien, marocains et français en partenariat avec la Mairie de Nantes et l’association Mémoire d’Outre-Mer, suivi de la lecture de poèmes et de la présentation de chants et musique palestinienne par les élèves du lycée Ibrahimieh.

Le 14 octobre à la maison de quartier de l’Ile de Nantes

A la suite de  l’après-midi consacré à l’apprentissage de la calligraphie pour les habitants du quartier, Brahim Adnor et Mohammed Faouzi ont peint une fresque sur le mur de la maison de quartier en présence d’Alain Robert, adjoint à l’urbaniste à la Mairie de Nantes.

En soirée, quatre jeunes universitaires de Nantes et Toulouse, Tsyssem, Yasmina, Idriss et Pierre, sont venus témoigner sur leur séjour en Palestine durant l’été 2015, avec le soutien de l’association Pays de Loire Gaza Jérusalem. Ils ont notamment présenté une vidéo disponible sur You Tube.

Et la journée s’est terminée par des chants et danses palestiniennes présentés par les élèves du Lycée Ibrahimieh qui sont repartis vers Jérusalem de lendemain matin.

 

Le 15 octobre à la maison de quartier de l’Ile de Nantes

Journée festive dans la cour de la maison de quartier – malgré un temps incertain – qui a commencé par un déjeuner réunissant les habitants du quartier, les amis et les militants, tous fidèles à la cause palestinienne.

Merci à Juliette…. Qui nous ont concocté des délices pour le palais !