Ahed Tamimi : « Nous n’en pouvons plus de l’occupation »

 

La jeune Palestinienne Ahed Tamimi, qui a fait huit mois de prison pour avoir giflé deux soldats israéliens, est en tournée en Europe. Euronews a rencontré l’activiste de 17 ans à l’occasion d’un meeting organisé jeudi près de Grenoble (France).

« J’appelle les jeunes européens à faire pression sur leurs gouvernements respectifs pour qu’ils interviennent en faveur de la question palestinienne. Qu’ils voient ce qui se passe réellement sur le terrain et qu’ils le fassent savoir sur les réseaux sociaux. J’appelle aussi au boycott d’Israël« , a déclaré l’adolescente.

« Nous étions très mal traités en prison, les gardiens étaient racistes envers nous. Ils diminuaient nos rations alimentaires et ne nous donnaient pas les choses essentielles dont nous avions besoin. Nous les filles étions à court de serviettes hygiéniques. C’était une souffrance physique et psychologique« , dénonce Ahed Tamimi, qui assure n’être liée à aucun parti politique.

« J’appelle les partis politiques palestiniens à s’unir pour l’intérêt national et non pour leurs intérêts personnels. En tant que nouvelle génération, nous n’en pouvons plus de l’occupation. Nous ne voulons pas que les générations suivantes vivent dans les même conditions. Nous devons nous unir pour nous débarrasser de l’occupation et récupérer nos terres« , poursuit-la militante,

La famille d’Ahed Tamimi a eu beaucoup de mal à quitter les territoires palestiniens assure l’association, qui évoque une traversée « toujours très humiliante » de la frontière jordanienne pour rejoindre l’aéroport d’Amman, les Palestiniens ne pouvant pas emprunter celui de Tel-Aviv.

Icône palestinienne

Salle pleine et standing ovation : ce soir-là à Grenoble, quelque 800 personnes ont accueilli en héroïne Ahed Tamimi. Une jeune fille dans l’audience n’a carrément pas pu retenir ses larmes. Accompagnée de sa famille, Ahed Tamimi est revenue sur ses conditions de détention et renouvelé son appel à mettre fin à toute la colonisation israélienne.

L’engouement qu’a suscité sa venue, dont elle avait déjà témoigné lors de son apparition à la Fête de l’Humanité, prouve la sympathie que suscite le parcours de cette adolescente chez les défenseures de la cause palestinienne. Celui d’une nouvelle génération de militants.

« Paradoxalement, l’extrémisme du gouvernement Netayahou et la levée des ambiguïtés du gouvernement américain dans ce conflit offrent une nouvelle opportunité, une nouvelle perspective de mobilisation non violente, qui vient relayer des générations qui se sont trouvées compromises par les enjeux des deux dernières décennies« , estime Willy Beauvallet, maître de conférence en Science politique à l’université Lyon 2.

A la fin de sa tournée, qui se poursuit en Belgique, en Grèce, en Espagne, en Algérie puis en Tunisie. Ahed Tamimi rentrera dans son village de Nabi Saleh, occupé par Israël depuis 50 ans.

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La famille Tamimi « interdite » de sortie de Palestine : Agissons!

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JUSQU’OU IRONT LES ACTUELS DIRIGEANTS ISRAELIENS ?

 

Sourds aux résolutions de l’ONU depuis 70 ans, les dirigeants israéliens violent allègrement le droit international sans d’ailleurs encourir la moindre sanction de la part de la « communauté internationale »,

Aveugles, ces mêmes dirigeants nient l’existence des 6,5 millions Palestiniens qui vivent aujourd’hui sur la Palestine historique soit autant que d’Israéliens de confession juive sur ce même territoire,

Mais aujourd’hui, ces dirigeants ne sont pas encore devenus muets…

Le 19 juillet, la Knesset a franchi une étape, criante de vérité.

Maintenant c’est clair : « la Terre d’Israël est la patrie historique du peuple juif « et de lui seul !

Adieu les propos tenus en 1948 lors de la création de l’Etat :

 

« L’Etat d’Israël favorisera le développement du pays pour le bénéfice de tous ses habitants ; il sera basé sur les préceptes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes hébreux ; il accordera pleine et totale égalité sociale et politique à tous ses citoyens sans distinction de race, de croyance et de sexe ; il garantira pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture ; il assurera la sauvegarde et l’inviolabilité des Lieux Saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera la Charte des Nations Unies »

Maintenant aussi c’est clair : la notion de démocratie est abandonnée.

Depuis 7 ans que cette loi était en discussion entre « caractère juif » et/ou « démocratique », la notion de « démocratie » n’apparaît pas dans les 500 mots de la loi.

C’est peut-être ce qui a fait dire à Beny BEGIN, seul député du Likoud à s’être abstenu le 19 juillet : «le patriotisme sans les droits de l’homme dégénère en nationalisme ».

Reste encore une précision, celle des frontières de la « Terre d’Israël» : la prochaine étape ?

Doit-on comprendre que la loi en évoquant « la Terre d’Israël «  fait référence :

  • Aux frontières internationalement reconnues actuellement ?
  • A celles qui intègrent les terres palestiniennes sur lesquelles les colons se sont illégalement implantés ?
  • A celles qui annexent illégalement toute la Cisjordanie, territoire palestinien ? Auquel on peut rajouter le Golan, territoire syrien ?

C’est une question importante car avec la loi fondamentale, les non juifs deviennent des citoyens de seconde zone s’ils sont encore « acceptés » eu égard aux propos tenus par certains ministres du Gouvernement actuel :

  • La Ministre de la Justice : sur sa page Facebook, elle qualifie « l’ensemble du peuple palestinien… d’ennemi d’Israël » justifiant ainsi « sa destruction y compris ses vieillards, ses femmes, ses villes et ses villages »
  • Le Ministre de l’Education : « J’ai tué beaucoup d’Arabes, aucun problème avec ça »
  • Le Ministre de la Défense : « Les Israéliens arabes n’ont pas leur place ici. Ils peuvent prendre leur baluchons et disparaître…».

Sans commentaire.

Et la Bande de Gaza où s’entassent près de 2 millions de Palestiniens dont les trois quarts ont le statut de réfugiés, car chassés de leurs terres en 1948 lors de la création de l’Etat d’Israël ?

Faut-il attendre les suites données par la Cour Pénale Internationale qui a annoncé qu’elle allait engager la phase préliminaire dans la demande de saisine pour crimes de guerre déposée par l’Autorité Palestinienne contre Israël après la mort de 140 Palestiniens lors de la Marche du Retour dans la Bande de Gaza.

30 juillet 2018

 

Contacts :

Jean Claude VALOMET, Président de Pays de Loire Gaza Jérusalem

Marie-Françoise VIEAU, Secrétaire de PLGJ

 

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La France empêche deux bateaux de la « flottille de la liberté » d’entrer à Paris

Paris – Ma’an – La police française a empêché deux bateaux de la « Flottille de la liberté » se dirigeant vers Gaza de faire une halte à quai sur les rives de la Seine à Paris, ce dimanche, avant le départ de la flottille vers Gaza pour tenter de briser le siège israélien.

Des dizaines de partisans, agitaient des drapeaux palestiniens et scandaient des acclamations « Arrêtez le massacre contre les Palestiniens, » aux abords de la rivière pour accueillir deux des bateaux parmi les quatre qui composent la flottille qui passait à Paris, accompagnée par des bateaux de la police fluviale. Selon l’agence citée « Reuters ».

Taoufiq Tahani, président honoraire de l’Association France Palestine Solidarité, a déclaré que les bateaux avaient fait l’objet d’une fouille policière approfondie la veille pour les empêcher d’accoster à Paris.

« Nous avons été surpris, malheureusement, et nous ne savions pas que les eaux israéliennes commencent maintenant dans la Seine à Paris, ce qui est inconcevable. »

Les quatre bateaux de la flottille iront à Gaza et se rejoindront dans les eaux de la Méditerranée avant d’essayer d’approcher la côte en un seul convoi.

Israël impose un blocus maritime et terrestre à Gaza et a empêché d’autres bateaux d’approcher la côte de la bande de Gaza par le passé.

Traduction : Moncef Chahed pour l’AFPS

Bonjour

comme vous le savez, la flottille de la Liberté n’a pas pu accoster au pied de l’IMA comme prévu. La police fluviale, qui nous harcelait depuis le matin , nous en a vigoureusement empêchés.

Néanmoins, la présence tout le long du parcours de 3 à 4 vedette rugissantes (les queues de poisson à haute vitesse pour faire des vagues suffisantes pour faire tanguer les bateaux, nous mouiller voire nous déséquilibrer, ils connaissent) et gyrophares allumés a attiré l’attention des passants qui nous ont très souvent salués, le V de la victoire a émaillé les bords de Seine et les ponts ainsi que les bateaux. Nous avons été plus visibles que si nous avions pu mener à bien notre « croisière ».

Vu de l’eau, le rassemblement était impressionnant, avec les drapeaux et banderoles, les cris de colère et de soutien quand les zodiacs nous ont poussés de force loin du rivage.

Merci à toutes et tous qui avez participé à cette belle action de solidarité. Il faut maintenant lui faire le plus de publicité possible ce qui sera une façon de protéger nos amis sur les bateaux qui vont descendre vers Lyon.Ne doutons pas que Mme xxx, l’ambassadrice d’Israël (j’ai oublié son nom,et elle ne mérite d’ailleurs pas qu’on le retienne) fera à nouveau pression sur les autorités françaises, nationales et municipales, pour empêcher que s’exprime notre solidarité avec la Palestine.

Merci aux personnalités présentes, dont M. Lang, président de l’IMA, qui avait tenu à venir nous saluer et s’en est vu empêché par la force. Parce que même si la violence n’a pas été physique, ce déni d’expression, d’opinion et du droit humain de solidarité, est une violence inacceptable. Nous n’acceptons pas!

Bien cordialement à toutes et tous et à très bientôt des nouvelles de nos bateaux

Claude Leostic Présidente de la Plateforme nationale


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Quand la France organise la promotion d’Israël

Emmanuel Macron a invité le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou à Paris ce 5 juin. Il doit inaugurer une «saison France-Israël» prévue de juin à novembre dans plusieurs villes françaises. En jeu, l’image des dirigeants israéliens érodée par leur politique coloniale et guerrière, et le développement des relations économiques entre Paris et Tel-Aviv.

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Elle se nommait Razan Al-Najjar. Âgée de 21 ans, elle vivait, comme plus d’un million et demi de Palestiniens, dans l’étroit territoire de Gaza assiégé depuis plus de dix ans par Israël, et avait déjà connu trois offensives militaires dévastatrices. Devenue infirmière, elle a été assassinée vendredi 1er juin par un sniper israélien, alors que, vêtue de sa blouse distinctive, elle portait secours à l’un des nombreux participants de la « marche du retour et de la rupture du blocus » blessé par balle. Au lendemain de ses funérailles suivies par des milliers de Palestiniens, l’armée israélienne a de nouveau frappé plus de douze objectifs dans la bande de Gaza.

Plus de cent Palestiniens ont ainsi été tués depuis le début des manifestations le 31 mars dernier, la journée de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem le 14 mai ayant été la plus meurtrière. Il y a eu aussi des milliers de blessés. Pourtant, ce mardi 5 mai, Emmanuel Macron reçoit une nouvelle fois à Paris le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, pour l’inauguration de la « saison croisée France-Israël », censée se tenir dans plusieurs villes françaises de juin à novembre. Comment comprendre une telle initiative française qui, pour beaucoup, fait figure de véritable provocation ?

2008, 2018 : Israël, invité d’honneur

« Il est des amitiés que ne peuvent altérer ni les turbulences de l’Histoire ni les profondes mutations que connaissent nos sociétés », plaide le président de la République dans la brochure de présentation de l’événement. Comme si les tirs de snipers sur des manifestants pacifistes et les bombardements relevaient de simples « turbulences » sans responsable. Et d’ajouter : « Il en va ainsi de l’amitié entre Israël et la France » muée en inclination pour son premier ministre. Le locataire de l’Élysée va même jusqu’à affirmer : « Elle est un point fixe et assuré dans un monde en mouvement, une constante de notre identité », évoquant une « osmose sur bien des thèmes » entre les deux pays. À condition, probablement, d’omettre le respect des droits humains et du droit international.

À condition aussi de mépriser l’histoire. Car cette série de manifestations publiques, qui va durer six mois, coïncide, comme tient à le rappeler le premier ministre israélien, avec le soixante-dixième anniversaire de la création d’Israël. Il s’agit pourtant aussi du soixante-dixième anniversaire de la Nakba, qui s’est traduite entre 1947 et janvier 1949 par l’expulsion de plus de 800 000 Palestiniens et par leur dépossession, les enfants de réfugiés devant toujours exiger le droit au retour que leur reconnait pourtant le droit international. C’est précisément ce que réclament les manifestants de Gaza, dont deux tiers de la population se compose de réfugiés. Or, du siège de Gaza aux milliers d’« unités d’habitations » qui se construisent en violation du droit dans les colonies israéliennes de Cisjordanie, la Nakba s’avère surtout un processus qui se poursuit et s’accélère aujourd’hui, selon le programme énoncé par l’ancien premier ministre d’Israël, Ariel Sharon, au début des années 1980 : « achever ce qui ne l’a été en 1948 ». Mais il n’en sera pas question dans les commémorations parisiennes. Emmanuel Macron reprend ainsi à son compte la ligne de conduite de Nicolas Sarkozy, lequel, dix ans plus tôt, avait fait de Shimon Pérès son premier invité diplomatique, venu inaugurer au printemps 2008 le Salon du livre dont Israël était alors l’invité d’honneur, dans l’omission volontaire de l’histoire, de l’actualité et du droit du peuple palestinien.

C’est que pour l’exécutif français, l’essentiel est ailleurs. Emmanuel Macron l’explicite dans la même brochure : d’une part, il s’agit de renouveler « l’image que nos nations se font chacune de l’autre » ; de l’autre, il entend tout faire pour « intensifier les échanges » entre les deux pays.

Un objectif de Tel-Aviv face au « BDS »

L’image d’Israël et de sa politique s’est en effet considérablement dégradée dans le monde, en Europe en particulier. En France, selon un sondage réalisé en mai par l’Institut français d’opinion publique (IFOP) pour l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), 57 % des personnes interrogées ont une mauvaise image d’Israël, 71 % considèrent que ce pays « porte une lourde responsabilité dans l’absence de négociation avec les Palestiniens », 57 % qu’il « constitue une menace pour la stabilité régionale », et seulement 46 % qu’il « est une démocratie ».

En fait, un spectre hante Tel-Aviv : l’efficacité de la campagne internationale de boycott, désinvestissement et sanctions BDS ») lancée le 9 juillet 2005 par 172 ONG, organisations syndicales et politiques palestiniennes1 et reprise par les organisations anticoloniales israéliennes et le mouvement de solidarité dans le monde. Pour lutter contre l’impunité dont bénéficie Israël pour pérenniser sa politique, les citoyens se sont invités dans l’équation politique en organisant une campagne internationale non violente : le boycott des institutions et entreprises économiques, sportives ou culturelles israéliennes qui soutiennent l’occupation et la colonisation de la Palestine, le désinvestissement des entreprises impliquées dans cette occupation, et exigent des États de véritables sanctions contre Tel-Aviv, tant qu’Israël persistera à bafouer le droit international. Au point que les dirigeants israéliens qualifient le BDS de « menace stratégique ».

Car le mouvement BDS progresse, soutenu par des syndicats, tels le Congress of South African Trade Unions (Cosatu) en Afrique du Sud ou le Trades Union Congress (TUC) britannique, des organisations paysannes ou étudiantes, des églises… et marque des points. Des fonds de pension norvégiens, hollandais, américains…, des universités comme Harvard retirent leurs investissements d’entreprises israéliennes travaillant pour la colonisation. Véolia, qui a contribué à la construction du tramway reliant Jérusalem-Ouest à des colonies, finit par se désengager des transports israéliens. Nombre d’artistes refusent de cautionner la politique israélienne et annoncent ne pas se produire dans le pays tant qu’il violera le droit. L’ONU elle-même établit une liste d’entreprises participant, en contrevenant donc au droit, à la colonisation.

Tel-Aviv a donc décidé de créer un département spécial de « délégitimation du BDS », et d’investir un budget conséquent dans une contre-offensive idéologique à deux volets : tenter de retrouver une légitimité altérée, et tenter de décrédibiliser le mouvement de solidarité. Les initiatives notamment « culturelles » telles que la « saison » organisée en France s’inscrivent clairement de cette démarche.

Quant aux défenseurs du droit du peuple palestinien à l’autodétermination engagés dans le BDS, ils sont victimes d’une intense campagne visant à amalgamer leur combat à de l’antisémitisme. C’est tout particulièrement le cas en France. L’ambassade d’Israël s’est ainsi vantée de ne pas être étrangère au retournement de position de l’ancienne garde des sceaux Michèle Alliot-Marie, laquelle soulignait en mai 2009 que le boycott ne concernait que des produits israéliens d’importation avant d’affirmer en février 2010, au mépris des faits, qu’il s’agirait d’un boycott de produits cacher. En mai 2012, son successeur Michel Mercier a confirmé la circulaire qu’elle avait envoyée en février 2010 aux parquets, les enjoignant d’engager systématiquement des poursuites contre les partisans de BDS, allant jusqu’à accuser d’incitation à la haine antisémite ces militants de l’égalité des droits, de l’antiracisme et du droit international. Depuis, des dizaines d’entre eux sont passés devant les tribunaux. Les associations de défense des droits humains réclament le retrait des circulaires, et Frederica Mogherini, cheffe de la diplomatie européenne, pourtant opposée au BDS, a rappelé l’obligation des États membres de défendre la liberté d’expression. La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a quant à elle transmis ses questions au gouvernement français à la suite de la requête déposée par onze militants.

Emmanuel Macron est d’autant moins revenu sur ces circulaires qu’il a au contraire franchi un pas supplémentaire en assimilant, après Manuel Valls, antisionisme et antisémitisme. Une affirmation proférée notamment en présence du premier ministre israélien à l’occasion de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv en juillet 2017, déclaration inédite de la part d’un président de la République, qui risque de laisser confondre juifs et sionistes ou thuriféraires de la politique de Tel-Aviv, et qui vise en fait à entraver sinon à interdire toute critique.

« Business as usual »

Pour Emmanuel Macron, la « saison France-Israël » revêt en outre un autre objectif : intensifier les relations économiques et stratégiques entre les deux pays. « Les investissements israéliens en France représentent 160 millions d’euros par an. C’est peanuts ! », a ainsi déclaré Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, à l’occasion du Festival DLD de Tel Aviv (rencontre internationale de l’innovation numérique) en septembre dernier, invitant également « toutes les compagnies françaises dans tous les secteurs (…) à investir davantage en Israël ».

D’un côté, les mots, de l’autre, les actes. D’un côté, Paris condamne la colonisation, rappelle la position française en faveur d’une solution politique fondée sur la coexistence de deux États, Israël et Palestine et condamne de même le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem. En même temps, il appelle les Palestiniens à prendre en compte le « plan de paix » américain, plaide pour une négociation en tête à tête entre occupants et occupés dont l’histoire a démontré la vacuité et soumet la reconnaissance par la France de l’État de Palestine à l’accord entre les parties, c’est-à-dire à sa reconnaissance préalable par les dirigeants israéliens qui la rejettent.

De l’autre, non seulement il refuse toute pression sur Israël, mais encourage au contraire le développement des liens tous azimuts avec ce pays. Une démarche commune à celle de ses partenaires de l’Union européenne (UE), dont la majorité des États membres entretiennent avec Tel-Aviv des liens commerciaux et économiques et des projets communs industriels, technologiques ou scientifiques (dont certains avec des prolongements militaires). L’UE représente ainsi le premier partenaire commercial d’Israël (avec 35,3 % de ses exportations) et l’a associé au projet « Horizon 2020 » de financement de la recherche et de l’innovation, entré en vigueur en 2014.

Au-delà des condamnations de principe, une telle orientation que concrétisent la saison France-Israël et la nouvelle invitation du premier ministre israélien s’avère bien plus qu’une provocation : elle constitue pour Tel-Aviv un encouragement à poursuivre dans son refus du droit et de la paix.

 

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Nous demandons l’annulation de la saison France-Israël

Signez l’appel ici

Monsieur le Président de la République,

Sous votre haut patronage, la République française s’apprête à lancer la « saison France-Israël 2018 ». Cet événement, lit-on,

« a […] pour ambition de montrer la vitalité de la relation bilatérale dans les domaines culturels et scientifiques, de marquer une nouvelle étape dans les relations économiques et de renouveler le regard que portent les Français sur Israël et les Israéliens sur la France ».

Bien plus,

« A travers plus de 400 événements dans les deux pays, la saison France-Israël 2018 résonnera dans une cinquantaine de villes en France et une vingtaine de villes en Israël autour de thèmes variés tels qu’innovation, sciences, économie, théâtre, danse, art contemporain, musique, éducation, cinéma, design, livre et débat d’idées ».

Cette inauguration aura lieu dans un contexte où le droit international dans les territoires palestiniens n’a jamais été aussi bafoué. L’extension des colonies se poursuit et l’ambassade des Etats-Unis a été transférée à Jérusalem. Que la « saison France-Israël 2018 » se déroule dans ces conditions est en soi inopportun, tant il est évident que cet événement participe d’une stratégie visant à redorer le blason d’un État dont la nature annexionniste n’est plus un secret pour personne.

Mais aujourd’hui, il serait inadmissible que cette « saison France-Israël » soit maintenue en dépit du dernier massacre de Gaza. Ce serait une atteinte irrémédiable à nos principes républicains et à nos valeurs de justice.

Citoyennes et citoyens français, nous ne pouvons accepter, dans les circonstances présentes, cette collaboration d’État à État entre la France et Israël. Nous ne pouvons nous soumettre à la normalisation avec un régime colonial bafouant les droits de l’Homme et les conventions internationales signées par la France.

Comment en effet pourrions-nous faire comme si de rien n’était ? Comme si des dizaines de jeunes gens n’avaient pas été assassinés de manière préméditée ? Comme si des centaines de manifestants demandant seulement le respect de leurs droits fondamentaux n’avaient pas été estropiés à vie ? Comme si le ghetto de Gaza ne courait pas le risque d’être purement et simplement liquidé, avec la complicité, active ou passive, de la communauté internationale ?

Pour cette raison, Monsieur le Président de la République, nous vous demandons de faire en sorte que la « saison France-Israël 2018 » n’ait pas lieu. Ne nous entretenons pas d’« éducation » ou d’« idées » avec un État qui a assassiné en quelques semaines plus de 110 jeunes gens épris de liberté et en a blessé ou mutilé plus de 8000. Envoyez un signal clair au gouvernement israélien en renonçant publiquement à la « saison France-Israël 2018 ». La société civile française ne saurait voir ces manifestations se tenir sans faire entendre sa désapprobation.

Signez l’appel ici

Premiers signataires

Ahmed Abbes, directeur de recherche au CNRS, Paris
Samir Abdallah, cinéaste
Eric Alliez, professeur à l’Université Paris 8
Viviane Baladi, directrice de recherches au CNRS, Paris
Jean Barge, professeur retraité Ecole polytechnique
Arnaud Beauville, professeur émérite à l’Université Côte d’Azur
Jacques Bordé, ancien directeur de Recherche au CNRS
Larbi Bouguerra, ancien directeur de recherche associé au CNRS, ancien attaché-assistant à la Faculté de Médecine de Paris
Remi Brulin, professeur, John Jay College of Criminal Justice, New York, USA
Bernard Caillaud, ingénieur général des Ponts, professeur à Paris School of Economics, Paris
Jean-Marc Capellero-Rabinovitz, co-président de l’UJFP
Christine Charretton, mathématicienne retraitée de l’Université de Lyon 1
Yves Chilliard, directeur de recherche à l’INRA, syndicaliste et responsable associatif
Elisabeth Cramer Bordé, professeur honoraire à l’Université de Versailles-St Quentin
Laurent Cugny, professeur à Sorbonne Université
Dominique Delande, directeur de recherche au CNRS, Paris
Ivar Ekeland, ancien président de l’Université Paris-Dauphine, ancien président du Conseil Scientifique de l’École Normale Supérieure
Elisabeth Fröchen, professeure agrégée de l’université, retraitée
Jacques Fröchen, professeur agrégé de l’université, retraité
Philippe Enclos, maître de conférences en droit à l’Université de Lille
Christophe Fouqueré, professeur à l’Université Paris 13
Claire Gallien, maîtresse de conférences à l’UPVM3 et chercheuse au CNRS, Montpellier
Catherine Goldstein, directrice de recherche au CNRS, Paris
Dominique Grange, chanteuse engagée
Julien Grivaux, chercheur au CNRS, Marseille
Michel Gros, chercheur au CNRS, Rennes
Eric Guichard, maître de conférences à l’Enssib, Université de Lyon, ancien directeur de programme au Collège international de philosophie
Alain Guiraudie, cinéaste
Imen Habib, animatrice de la Campagne BDS France
Eric Hazan, éditeur
Bertrand Heilbronn, président de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS)
Christine Huyghe, chercheure au CNRS, Strasbourg
Stéphanie Latte Abdallah, chercheure au CNRS, Paris
Jean-Marc Lévy-Leblond, professeur émérite de l’université de Nice
Roland Lombard, directeur de recherche émérite au CNRS, Paris
Kheridine Mabrouk, cinéaste
Jean-François Méla, ancien président de l’Université Paris 13
Michel Mietton, professeur émérite Université Lyon 3, Jean Moulin
Alain Mille, professeur émérite à l’Université Lyon 1
Pierre Nicodème, chercheur honoraire au CNRS
Joseph Oesterlé, professeur émérite à Sorbonne-Université
Josiane Olff-Nathan, retraitée de l’Université de Strasbourg
Ugo Palheta, sociologue
Guy Perrier, professeur émérite à l’Université de Lorraine
Dominique Plihon, professeur émérite à l’Université Paris 13 Sorbonne Paris Cité
Ghislain Poissonnier, magistrat
Marwan Rashed, professeur à Sorbonne Université
Roshdi Rashed, directeur de recherche émérite au CNRS, professeur honoraire à l’Université de Tokyo
Lionel Schwartz, professeur émérite à l’Université Paris 13
Eyal Sivan, cinéaste, professeur à Amsterdam University of Arts (AHK)
Pierre Stambul, co-président de l’UJFP
Annick Suzor-Weiner, professeure émérite à l’Université Paris-Sud
Taoufiq Tahani, universitaire, Président d’honneur de l’AFPS
Gérard Toulouse, ancien Directeur de Recherche au CNRS, Ecole Normale Supérieure
Tardi, dessinateur
Dror Warschawski, chercheur au CNRS, Paris

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« POURQUOI JE PARTICIPE À LA GRANDE MARCHE DU RETOUR À GAZA

 

 

 Fadi Abu Shammalah, New-York Times, 27 avril 2018

Tôt dans la matinée du 30 mars, mon fils Ali, âgé de 7 ans, a vu que je me préparais à sortir. C’était inhabituel pour un vendredi.
« Où vas-tu, papa? »
– « À la frontière. Participer à la Grande Marche du Retour. »
La Grande Marche du Retour est le nom donné aux 45 jours de protestation le long de la frontière
entre Gaza et Israël. Elle a commencé le 30 mars, le « jour de la terre » commémorant les massacres de six Palestiniens d’Israël qui avaient protesté contre les confiscations de terres en 1976, et se clôturera le 15 mai, jour du 70e anniversaire de la Nakba, qui commémore le déplacement massif de Palestiniens pendant la guerre de 1948 qui conduit à la création de l’État d’Israël.
« Puis-je venir avec toi? », a demandé Ali. Je lui ai dit que c’était trop dangereux. Si on en croyait les avertissements militaires israéliens, le risque que des manifestants non armés soient abattus par des tireurs d’élite israéliens était trop élevé. « Pourquoi y vas-tu si tu peux te faire tuer ? » s’empressa de demander Ali.
Sa question ne quittait pas mon esprit alors que je me rendais au campement près de la frontière à l’est de Khan Younis, la ville du sud de Gaza où je vis. Elle est restée dans mes pensées les vendredis suivants alors que je continuais à participer à la Marche, et elle y est encore présente maintenant.
Ma vie me ravit. Je suis le père de trois merveilleux enfants (Ali a deux frères, l’un de 4 ans, Karam et l’autre, Adam, vient de naître), je suis marié à une femme que je considère comme mon âme soeur.
Mes craintes ont été confirmées : 39 manifestants ont été tués depuis le début de la Marche, beaucoup par des tirs de snipers, y compris un gamin de 15 ans la semaine dernière et deux autres adolescents le 6 avril. Israël refuse de rendre les corps de deux de ces tués.
Des milliers d’autres ont été blessés. Les journalistes ont été visés ; 13 d’entre eux ont reçu des balles depuis le début des manifestations, y compris Yasser Murtaja, un photographe âgé de 30 ans et Ahmed Abu Hussein, 25 ans, qui est décédé mercredi des suites de ses blessures.
Alors pourquoi suis-je prêt à risquer ma vie en rejoignant la Grande Marche du Retour ?
Il y a plusieurs réponses à la question d’Ali. Je crois foncièrement à la stratégie de la Marche, mouvement de masse pacifique, conduit par des civils. J’ai aussi été impressionné par la façon dont le mouvement a uni le peuple palestinien de la Bande de Gaza, politiquement divisé. Et la Marche est un moyen efficace de mettre en évidence les conditions de vie insupportables auxquelles sont confrontés les habitants de la Bande de Gaza : quatre heures d’électricité par jour, l’indignité de voir notre économie et nos frontières soumises à un siège, la peur du bombardement de nos maisons.
Mais la raison principale pour laquelle je participe est que, dans quelques années, je veux pouvoir regarder Ali, Karam et Adam dans les yeux et leur dire : «Votre père faisait partie de cette lutte historique et non-violente pour notre patrie. »
Les médias occidentaux ont couvert la Grande Marche du retour en se focalisant sur les images de jeunes jetant des pierres et brûlant des pneus. L’armée israélienne décrit l’action comme une provocation violente du Hamas, une affirmation à laquelle de nombreux analystes ont aveuglément adhéré. Ces descriptions sont en totale contradiction avec mon expérience du terrain.
Des membres de l’Union générale des centres culturels de Gaza, organisation non gouvernementale dont je suis le directeur exécutif, ont participé aux réunions de préparation de la Marche, qui comprenaient des représentants de toutes les composantes de la société civile et politique de Gaza. A la frontière, je n’ai pas vu un seul drapeau du Hamas, une seule bannière du Fatah, ni d’affiche du Front populaire de libération de la Palestine, d’ailleurs – attirail répandu dans pratiquement toutes les autres manifestations auxquelles j’ai assisté. Ici, nous n’avons déployé qu’un drapeau – le drapeau palestinien.
Certes, les membres du Hamas participent à la Marche, car ils font partie de la communauté palestinienne. Mais cette participation indique peut-être qu’ils pourraient s’éloigner d’une
conception de la libération de la Palestine par des moyens militaires et qu’ils commenceraient à opter pour la protestation civile populaire et non armée. Mais la Grande Marche du Retour n’est pas l’action du Hamas. C’est la nôtre.
Et notre action est loin de se résumer à des pneus brûlés ou à des jeunes jetant des pierres sur des soldats stationnés à des centaines de mètres de là. La résistance dans les campements a été créative et belle. J’ai dansé le dabke, la danse nationale palestinienne, avec d’autres jeunes hommes. J’ai dégusté des spécialités culinaires traditionnelles, comme le msakhan (poulet rôti aux oignons, au sumac et aux pignons de pin) et le maftool (un plat à base de couscous). J’ai chanté des chants traditionnels avec d’autres manifestants et je me suis assis avec les anciens qui échangeaient des anecdotes sur la vie d’avant 1948 dans leurs villages natals. Certains vendredis, des cerfs-volants ont sillonné le ciel et d’autres vendredis, des drapeaux ont été hissés sur des perches de 25 mètres de haut pour être clairement visibles de l’autre côté de la frontière.
Tout cela se déroulait sous les lunettes de visée des fusils des tireurs d’élite israéliens stationnés à environ 700 mètres. Nous étions tendus, nous avions peur – en effet, il m’est arrivé de me trouver à proximité de personnes qui se faisaient tirer dessus et au milieu des nuages de gaz lacrymogènes – mais nous étions joyeux. Le chant, la danse, les récits, les drapeaux, les cerfs-volants et l’art culinaire sont plus que des symboles de notre patrimoine culturel.
Ils démontrent – clairement, résolument, passionnément et pacifiquement – que nous existons, que nous demeurerons, que nous sommes des êtres humains avec la dignité due aux êtres humains, et que nous avons le droit au retour dans nos foyers. J’ai envie de dormir sous les oliviers de Bayt Daras, mon village natal (ville palestinienne située à 30 kilomètres au nord-est de Gaza qui a été vidée de ses habitants en 1948 – ndt). Je veux montrer à Ali, Karam et Adam la mosquée dans laquelle mon grand-père a prié. Je veux vivre paisiblement dans ma maison familiale avec tous mes voisins, qu’ils soient musulmans, chrétiens, juifs ou athées.
Les habitants de Gaza ont subi une tragédie après l’autre : des vagues de déplacements massifs, la vie dans des camps de réfugiés sordides, une économie piratée, un accès restreint aux zones de pêche, un siège asphyxiant et trois guerres au cours de ces neuf dernières années. Israël a imaginé qu’une fois la génération qui a connu la Nakba disparue, les jeunes renonceraient à notre rêve de retour. Je crois que c’est en partie pour cela qu’Israël maintient Gaza au bord de la catastrophe humanitaire – nos vies réduites à une lutte quotidienne pour la nourriture, l’eau, les médicaments et l’électricité, nous ne serions plus en état de nous soucier de plus nobles aspirations. La Marche prouve que ma génération n’a pas l’intention d’abandonner les rêves de son peuple.
La Grande Marche du retour a galvanisé mon optimisme, mais je reste réaliste. La Marche, seule, ne mettra pas fin au siège et à l’occupation, ne résorbera pas l’énorme déséquilibre des forces entre Israël et les Palestiniens ni ne réparera les torts historiques. L’engagement se poursuit jusqu’à ce que tous les êtres humains dans la région puissent partager les mêmes droits. Mais je ne pouvais pas être plus impressionné par mon peuple ou être fier de lui – nous voir unis sous un même drapeau, avec une approbation quasi unanime des moyens pacifiques pour réclamer nos droits et affirmer notre humanité.
Tous les vendredis, jusqu’au 15 mai, je continuerai à aller aux campements pour envoyer un message à la communauté internationale décrivant les conditions désastreuses dans lesquelles je suis obligé d’élever mes fils. J’irai, jusqu’à ce que je puisse apercevoir nos terres – nos arbres – de l’autre côté de la frontière militaire alors que les soldats israéliens me surveillent derrière leurs armes.
Si Ali me demande pourquoi je retourne à la Grande Marche du Retour malgré le danger, je lui dirai ceci : J’aime la vie. Mais plus que ça, je t’aime, toi, Karam et Adam. Si risquer ma vie signifie que toi et tes frères aurez une chance de grandir, d’avoir un avenir digne, de vivre en paix avec vos voisins, dans un pays libre, alors c’est un risque que je dois prendre.

Fadi Abu Shammalah est le directeur exécutif de l’Union générale des centres culturels de Gaza.
KHAN YOUNIS, Bande de Gaza

 

 

Le 14 mai 2015 à Bethléem.

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Gaza. « Cela s’appelle un massacre

Le 2 avril 2018 – Par Gideon Levy

Le compteur de la mort s’égrenait dramatiquement. Une mort toutes les 30 minutes. Encore une fois. Un autre. Un de plus. Israël était occupé à préparer la nuit du Seder [Pâque juive]. Les chaînes de télévision ont continué à diffuser leurs bêtises.
« Les affrontements à la frontière de Gaza reprennent alors que des milliers de personnes assistent aux funérailles de 15 Palestiniens tués lors des manifestations de vendredi. » « Des images de Gaza montrent un manifestant tué dans le dos alors qu’il fuyait le mur de la frontière israélienne. »
Il n’est pas difficile d’imaginer ce qui se serait passé si un colon avait été poignardé – les reporters sur place ; les studios ce TV en pleine activité. Mais à Gaza, les Forces de défense israéliennes (IDF) ont continué à massacrer impitoyablement, à un rythme effrayant, alors qu’Israël célébrait Passover.
S’il y avait un problème, c’était parce que les soldats ne pouvaient pas célébrer le Seder. A la tombée de la nuit, le nombre de cadavres avait atteint au moins 15, tous sous l’effet de balles réelles, avec plus de 750 blessés. Des chars et des tireurs d’élite contre des civils non armés. Ça s’appelle un massacre. Il n’y a pas d’autre mot pour ça [1].
Le porte-parole de l’armée a apporté une note comique lorsqu’il a annoncé dans la soirée : « Une attaque par balles a été déjouée. Deux terroristes se sont approchés de la clôture et ont tiré sur nos soldats. » Cela est arrivé après la 12e victime palestinienne et qui sait combien de blessés.
Les tireurs d’élite ont tiré sur des centaines de civils, mais deux Palestiniens qui ont osé riposter contre les soldats qui les massacrent sont des « terroristes », leurs actions qualifiées d’« attaques terroristes » et la sentence : la mort. Le manque de conscience de soi n’a jamais atteint de telles profondeurs dans les IDF.
Comme d’habitude, les médias ont apporté leur épouvantable soutien. Après 15 morts, Or Heller sur Channel 10 News a déclaré que l’incident le plus grave de la journée avait été le tir des deux Palestiniens. Dan Margalit [journaliste de « relief »] a « salué » l’armée.
Israël a subi un nouveau lavage de cerveau et s’est assis pour un repas festif [repas de Seder] dans un esprit d’autosatisfaction. Et puis les gens récitaient « Répands Ta fureur sur les nations qui ne Te connaissent pas », impressionnés par la propagation des plaies et s’enthousiasmant pour la mort des premiers-nés (la 10e plaie d’Egypte « …tous les premiers-nés moururent dans le pays d’Egypte », Exode).
Le Vendredi saint chrétien et la nuit du Seder juif sont devenus un jour de sang pour les Palestiniens de Gaza. On ne peut même pas parler de crime de guerre parce qu’il n’y a pas eu de guerre là-bas.
Le test par lequel les IDF et l’indifférence pathologique de l’opinion publique devraient être jugés est le suivant : que se passerait-il si des manifestants juifs israéliens, ultraorthodoxes ou autres, menaçaient d’envahir la Knesset ? Des tirs aussi insensés à balles réelles depuis des chars ou par des tireurs d’élite seraient-ils compris par le public ? L’assassinat de 15 manifestants juifs passerait-il sous silence ? Et si plusieurs dizaines de Palestiniens parvenaient à
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Gaza. « Cela s’appelle un massacre »
entrer en Israël, cela justifierait-il un massacre ?
L’assassinat de Palestiniens est accepté en Israël plus légèrement que l’assassinat de moustiques. Il n’y a rien de moins cher en Israël que le sang palestinien. S’il y avait cent ou même mille morts, Israël « saluerait » encore les IFD. C’est l’armée dont le commandant, le bon et modéré Gadi Eisenkot, est reçu avec une telle fierté par les Israéliens. Bien sûr, dans les entretiens avec les médias au moment des Fêtes, personne ne lui a posé de questions sur le massacre prévu et personne ne lui posera la question maintenant non plus.
Mais une armée qui s’enorgueillit d’avoir tiré sur un agriculteur travaillant sur sa terre, en montrant la vidéo sur son site Web afin d’intimider les Gazaouis ; une armée qui dresse des chars d’assaut contre des civils et se vante d’une centaine de tireurs d’élite qui attendent les manifestants, une telle armée a perdu toute décence. Comme s’il n’y avait pas d’autres mesures. Comme si les IDF avaient l’autorité ou le droit d’empêcher les manifestations à Gaza, menaçant les chauffeurs de bus de ne pas transporter les manifestants sur un territoire où l’occupation a pris fin depuis longtemps, comme tout le monde le sait.
Des jeunes hommes désespérés se faufilent depuis Gaza, armés d’armes ridicules, marchant sur des dizaines de kilomètres sans blesser personne, n’attendant que d’être pris pour échapper à la pauvreté de Gaza dans une prison israélienne. Cela ne touche la conscience de personne non plus. L’essentiel est que les IDF présentent fièrement leurs prises. Le président palestinien Mahmous Abbas est responsable de la situation à Gaza. Et le Hamas, bien sûr. Et l’Egypte. Et le monde arabe et le monde entier. Mais pas Israël. Il a quitté Gaza et les soldats israéliens ne commettent jamais de massacres !
Les noms ont été publiés le soir. Un homme se levait de ses prières, un autre a été abattu alors qu’il s’enfuyait. Les noms ne vont ébranler personne. Mohammed al-Najar, Omar Abu Samur, Ahmed Odeh, Sari Odeh, Bader al-Sabag. Cet espace est trop petit, à notre grande horreur, pour énumérer tous leurs noms.
(Article publié dans le quotidien Haaretz, en date du 1er avril 2018 ; sous la rubrique Opinion ; traduction A l’Encontre )
[1] « La presse israélienne et surtout internationale utilise couramment la phrase « Palestiniens morts dans des clashes (ou dans des
confrontations) », mais on peine pourtant à trouver des exemples d’incidents de ce type le 30 mars : les deux parties n’ont jamais été en contact
direct. On notera aussi que pas une seule roquette n’a été tirée ce vendredi noir. L’armée israélienne, le lendemain des faits à 13 heures, a tweeté ceci : « Hier, nous avons vu 30’000 personnes ; nous étions préparés avec des
renforts dosés. Rien n’a été fait de manière incontrôlée ; tout fut précis et mesuré, et nous savons où chaque balle est allée. » Bizarrement,
quelques minutes à peine après l’émission de ce tweet, il était retiré. Un doute était-il né sur sa pertinence, voire sur ses conséquences juridiques
potentielles ? » (Baudoin Loss, dans le quotidien Le Soir, daté du 3 avril 2018)

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Une Israélienne et une Palestinienne giflent un soldat. Devinez qui est toujours en prison ?

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Notre conception des échanges associatifs dans les relations internationales

Notre objectif est de susciter un large échange culturel propre à développer compréhension, amitié et tolérance entre tous les peuples bordant la Méditerranée.
Nous tenons à pérenniser les échanges durablement dans la réciprocité.
Il est important de mettre tout en œuvre pour partager nos savoir-faire.
Ce sont des outils indispensables dans la promotion de la citoyenneté et de notre formation sur le terrain.

Nos solidarités ont pour priorité le lien social et culturel.
Nous nous sommes engagés à développer les rencontres entre jeunes, associations féminines, retraités en Palestine et à Agadir en ayant pour but de construire et de renforcer ensemble les liens d’amitiés.
C’est dans la stabilité des relations que se forge un véritable dialogue entre le 2 rives de la Méditerranée et qui favorise un vrai partenariat permettant la disparition des malentendus et d’extirper la peur de l’autre.

Notre rôle de bénévole est de casser cette peur en créant des passerelles d’échanges afin d’instaurer un climat de confiance et de coopération.

Photo de la réception avec le Maire de Bethléhem

Réception avec le Maire de Bethléhem
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Appel à préachat pour l’édition de La grande marche du retour

Témoignages de Palestinien.nes 70 ans après la Nakba
Par
Annie Fiore
journaliste de terrain indépendante spécialisée dans le Moyen Orient et l’Afrique
Annie Flore a couvert la période de la 1ère Intifada (1987 1993), puis les années post Oslo (1993 2000) pour de nombreux journaux et magazines :
L’Humanité  dimanche, Révolution, Le Monde Diplomatique, Jeune Afrique Économie et des contributions ponctuelles à Témoignage Chrétien,
L’Humanité, La Terre, U Ribumbu.
Elle a publié en 1994
Rêves d’Indépendance
Chronique du peuple de l’Intifada
aux Editions L’Harmattan.
En 2016,séjour, près de 30 ans après son premier séjour  elle repart accompagnée de la réalisatrice Muriel Jacoub
 d’abord dans les camps de réfugiés de Jordanie, puis dans les Territoires palestiniens occupés et en Israël sur les traces et occupés et en Israël sur les traces et vidés de leurs habitants et détruits entre 1948 et 1952 par les colons sionistes puis par l’armée israélienne. Il en sortira un film  :
La clé du sol  réalisé par Muriel Jacoub et ce livre La  grande marche du retour
.
Cet ouvrage de près de 300 pages au format 150*205 mm comprend, comme le  film, les témoignages de réfugiés, de leurs enfants et petits enfants, recueillis dans les camps de réfugiés ou en France. Il est accompagné d’un historique, de nombreuses photographies et cartes
La courte échelle /éditions transit, association non subventionnée, a décidé de

réaliser cette édition. Le coût de ce livre étant élevé pour y parvenir nous nous adressons à vous et lançons un préachat du livre dont la réalisation avance.  Pour qu’il puisse voir le jour début septembre il nous faut très rapidement obtenir 250 préventes soit environ 5000€.

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